ANNE DUPUIS

Articles sur la sophrologie

Vous trouverez dans cette rubrique une sélection d'articles en lien avec la Sophrologie......et pourquoi pas sur d'autres thèmes.

Bonne lecture !

Sophrologie, mieux-être et pleine conscience:

Entretien avec Anne Dupuis, Praticienne en sophrologie Caycédienne

Anne Dupuis est actuellement praticienne en sophrologie à Lyon. Outre les consultations qu’elle propose, elle anime également plusieurs formations sur la gestion et la régulation des émotions,  la pratique de la relaxation dynamique, la prévention du burnout, ainsi que des ateliers sur la respiration ou encore sur la prise en charge des personnes souffrant d’acouphènes ou d’hyperacousie.

Anne est membre de la Fédération Mondiale de Sophrologie Caycédienne, membre de l’Observatoire National de Sophrologie, ainsi que des Syndicats Nationaux et Régionaux des Sophrologues.

Anne, comme de nombreux thérapeutes alternatifs, a opéré une reconversion professionnelle. Elle nous explique ainsi que  « À mi-temps de ma Vie professionnelle, enseignante au sein de l’Éducation Nationale, j’ai éprouvé le besoin de clore ce chapitre, pour en ouvrir un autre en tant que praticienne en sophrologie caycédienne. Ce second chapitre est surtout lié à ma première rencontre avec la Sophrologie Caycédienne en 1988 lorsque j'étais enceinte de ma dernière fille. Ce n'est que quelques années plus tard, en 1996, que je suis "entrée" en sophrologie par une formation reçue auprès d'écoles agréées par l'Académie Internationale de Sophrologie Caycédienne, puis auprès du professeur Alphonso CAYCEDO, médecin neuropsychiatre, et Professeur de neuropsychiatrie à Barcelone, fondateur de cette méthode. Ces 4 années de formations m'ont menée au Master Spécialiste en Sophrologie Caycédienne. Je les ai enrichies par divers approfondissements. Ces années de formations et surtout la pratique régulière de la sophrologie, ont remodelé tout mon être vers quelque chose de plus serein et harmonieux, de plus ouvert et joyeux, de plus libre et de plus vrai, de plus profond et puissant, de plus équilibré et donc de plus heureux. »

Aujourd’hui, Anne nous fait l’honneur de répondre à mes questions sur le lien entre Sophrologie Caycédienne, le besoin de mieux-être qu’une grande partie d’entre nous ressentons, et le développement de la pleine conscience.

"1. Anne, peux-tu nous expliquer rapidement ce qu’est la sophrologie et quelle est la spécificité de la sophrologie caycédienne que tu pratiques ?

Avant de répondre à ta question, il serait intéressant de se pencher sur l’étymologie du terme « sophrologie », qui a lui seul donne une réponse sur ce qu’elle est.

Le terme sophrologie est composé de 3 formants d’origine grecque :

- soph : sophia, la sagesse, la sérénité, l’harmonie

- phren : l’esprit, la conscience,

- logos : la science, le discours, l’étude,

La sophrologie est donc : l’étude de la conscience sereine. Dit différemment, c’est la science de la conscience en harmonie.

L’étude de la conscience incita le Docteur Alfonso Caycedo, médecin neuropsychiatre, professeur de neuropsychiatrie à Barcelone fondateur de la sophrologie, a créé sa propre méthode, dite Méthode Caycedo. Elle consiste en une méthodologie appelée Relaxation Dynamique Caycedienne, dites RDC.

La spécificité de la sophrologie caycédienne réside dans le fait que le corps, (jusque dans sa biologie),  est le support/médiateur de toutes les techniques, qu’elle est dynamique puisque basée sur l’éveil de la conscience. Ce sont les exercices appelés : activations, qui vont éveiller notre attention, notre concentration à notre corps, à notre respiration, à notre espace intérieur, (on dit : ramener le corps à la conscience au travers de nos ressentis).

Le regard ne se porte plus hors de soi, mais sur et en soi. Pendant et à l’issue des activations physiques ou mentales, nous  développons notre sens de l’observation, de l’écoute, pour accueillir les ‘messages’ émanant de notre corps, que sont : les  sensations, les perceptions, les émotions, les pensées, les images, les sentiments ou autres, et ce, sans jugement, sans à priori.

Ces messages, appelées « vivances, ou phénomènes », sont des ‘marqueurs’ importants en sophrologie. L’entraînement, qui est la répétition des pratiques, va dynamiser la vie en soi (quelles qu’en soient ses manifestations), en agissant sur trois paramètres existentiels, le passé, le présent et le futur. Ainsi, nos structures comportementales, émotionnelles et cognitives, seront renforcées positivement.

En s’appuyant sur la respiration, les activations entraînent la conscience vers une meilleure connaissance de soi.  Entre autre, être en capacité de libérer sa respiration pour libérer son corps et se détendre, ou, développer sa capacité à observer les situations auxquelles nous sommes confrontés dans notre quotidien, avec recul etc…  Ainsi nos pensées et les émotions qui y sont associées, se pacifieront petit à petit. Une meilleure connaissance de soi, c’est aussi mettre en lumière nos qualités, nos capacités, nos valeurs propres, restées ‘dormantes’, pour les éveiller, les développer et les vivre en conscience.

Ainsi, l’éveil de notre conscience et l’ouverture d’esprit qui en émergera, permettront ils de vivre une existence plus consciente, et donc plus équilibrée et peut être ou sans doute plus sereine, et joyeuse.

La porte d’entrée dans la sophrologie est la relaxation où il est proposé de percevoir, une à une, les différentes régions du corps en train de se relaxer, de se libérer de leurs tensions. Ce moment facilite l’intériorisation, vivant un relâchement conscient de notre corps, une détente qui peut ne pas être toujours agréable (révélations de tensions, de douleurs, émotions). Cette détente musculaire favorisera peu à peu la détente mentale. Et c’est dans ce niveau de grande détente physique et mentale, d’apaisement, qu’est proposé de puiser en soi les ressources nécessaires au changement. En vivant et en renforçant les instants présents agréables, nous serons moins sensibles aux difficultés vécues dans le passé, ni aux soucis quotidiens ou bien aux difficultés à venir.

2. Aujourd’hui, de plus en plus de personnes souhaitent améliorer leur état d’être pour se sentir mieux, pour accompagner une évolution personnelle. Comment la sophrologie caycédienne intervient dans cette démarche quotidienne de mieux-être ?

Le bien être n’étant pas une option, mais un état d'être naturel, c’est vrai que de plus en plus de personnes ont conscience qu’il est possible d’améliorer la qualité de sa vie dans le but de se sentir mieux. Ce constat est une motivation suffisante pour se faire aider.

Dans ce cas précis d'une personne souhaitant se faire aider, durant la progression des séances, je m’appuierai sur ce qu'elle entend par se sentir mieux. Qu’est ce que cela représente pour elle ? Grâce  aux techniques spécifiques,  répétées régulièrement, d’étape en étape, de découverte en découverte émergeront des informations qui auront ‘valeurs’ pour elle,  et de ce qui fait sens pour elle, dans le fait de se sentir mieux. Quels sont ses désirs, ses besoins, ses limites en elle, et à poser etc….

Et c’est à partir de ce qui a valeur et de ce qui fait sens pour elle, que je proposerai un protocole personnalisé. Dans ce niveau de grande vigilance (suite à la relaxation dynamique), elle va commencer par prendre conscience de sa relation à la valeur. Elle vit l’expérience de sa relation à sa valeur, à l’écoute de comment celle-ci résonne en elle. Elle observe ce qui se dévoile : les sentiments, et les émotions qui en découlent, sensations agréables ou pas, images, pensées dynamisantes etc…et d’étape en étape, d’expérience en expérience, elle intègrera ce qui fait sens et ce qui a valeur pour elle. Ce qui aura pour effet de renforcer toutes les structures de son être citées plus haut. Et la transformation s’opèrera d’elle même. Ainsi la personne deviendra responsable de sa propre transformation.

3. D’une manière très concrète, à quoi ressemble une séance de sophrologie ? Est-elle transposable à la maison, de manière individuelle ? Permet-elle d’intégrer des réflexes mobilisables en temps de détresse ou de crise personnelle ?

Contrairement à certaines thérapies, la sophrologie amène à instaurer une relation d’égal à égal.

  1. La séance débute toujours par  un échange autour d’une série de questions. C’est mon rôle de sophro-pédagogue d’écouter, de répondre aux questions, d’informer, de rassurer. C’est dans ce climat de confiance réciproque que le patient ou le groupe vont pouvoir vivre cette transformation en s’appropriant la méthode.
  2. En fonction de ce qui émerge de cet échange, de ce que j’entends et observe, (que je n’interprète pas), je propose un protocole. Cela veut dire que je l’informe du contenu de la séance que je vais guider.
  3. L’entrée dans la séance est un moment important, où l’on prend le temps de poser ses valises. Le temps de laisser à l’extérieur ce qui appartient à l’extérieur, permettra d’aller à sa propre rencontre. C’est un signal pour dire : c’est un moment à moi, je suis prête.
  4. C’est là que commence la guidance de la séance dans la bienveillance. Cette guidance se clôt par une pause de totalisation qui permet de ramener à la conscience tout le vécu de la séance, pour l’intégrer.
  5. La fin de la pratique est appelée désophronisation. C’est le moment de retrouver un niveau de vigilance et de tonus corporel et mental. Pour cela, on prend le temps de s’étirer de tonifier son corps, de respirer profondément.
  6. A l’issue de la séance, en individuel ou en groupe, je propose une mise en mots écrite (c’est un moyen de garder une trace des expériences vécues et de suivre sa propre évolution) ou pas, de tout le vécu de la séance. C’est en toute liberté que la personne décide de partager son expérience. J’écouterai sans juger ni interpréter ce qui est partagé. Je pourrai si nécessaire, procéder à des reformulations.

La sophrologie est transposable, transportable, adaptable où que l’on soit à tout moment. Comme le dit le Professeur Caycédo, ce n’est pas une méthode de salon. Il y a la pratique en séance individuelle ou collective avec la sophrologue, puis l’entraînement chez soi,….. et, nous dans le monde. C'est-à-dire que, où que l’on soit et à tout moment, il est possible d’observer comment on se sent, et d’y parer si nécessaire, de libérer sa respiration, de relâcher ses épaules et son ventre, ou bien de se recentrer pour être à l’écoute de ce qui est juste pour soi etc….

Un trop plein de  sollicitations, peut nuire à notre intégrité, nous déroutant bien souvent de ce qui fait sens pour nous. L’observation de son état d’être favorise ce réajustement permanant, nous harmonisant avec ce qui est bon pour nous. Nous devenons libres de décider de ce qui est bon et juste pour nous.

4. Aujourd’hui, la pleine conscience et la méditation sont des pratiques de plus en plus répandues. La sophrologie amène à un état de conscience plus éveillé et plus serein, peut-on dire que c’est une pratique méditative ? Comment la pleine conscience est-elle développée à travers la sophrologie ?

La sophrologie n’est pas une pratique méditative telle qu’expérimentée et pratiquée en  méditation de la pleine conscience.

Dans le processus évolutif de la méthode proposée par la sophrologie, la conscience est en éveil permanant. Puisque la sophrologie est avant "Entraînement de la Conscience, toute technique et posture sont  activatrices de la conscience. Elle favorise la rencontre de 2 structures, la dimension corporelle et la dimension de l’esprit dans les profondeurs de notre être, pour accéder au sentiment d’unité. La rencontre de ces 2 structures dans la présence, renforce tout le travail réalisé en amont. C’est la rencontre du corps et de l’esprit dans la conscience, dans la présence.

En sophrologie, la conscience est le support de notre présence.

5. On parle du stress comme le fléau du 21ème siècle et bon nombre de tes patients viennent te voir pour améliorer ce déséquilibre. A quels résultats peut-on s’attendre avec des consultations ? En combien de temps peut-on noter une véritable amélioration ?</>

C'est l'OMS qui a qualifié le stress de "fléau" du 21ème siècle. Effectivement, le monde du travail est malmené et ce, à tous les niveaux de la hiérarchie de l'entreprise. Le gros de notre patientèle en "souffrance", est composé autant de salariés d'entreprise, que de cadres. Le milieu enseignant ou le personnel hospitalier, ou bien le corps des armées ne sont pas épargnés, ainsi que nos médecins, dont la moitié du corps médical frôle le burnout. Je pourrais citer également d'autres corps de métiers….et même nos enfants, petits et grands.

En termes de résultat, cela dépend de plusieurs critères. Tout d'abord, où la personne en est de son histoire ? Qu’est ce qu’elle vient chercher en consultant une sophrologue? Si elle manifeste des résistances ou pas, etc….

Si elle est mise en confiance, la première séance porte déjà ses fruits. Après, ce n’est qu’une question de motivations. Parfois il lui faut du temps avant de prendre conscience qu’à investissement personnel tiède, les résultats sont tièdes. Une personne mise en confiance, rassurée, pour laquelle l’accompagnement proposé est source de motivations, et ayant intégré que  s’entraîner régulièrement chez soi en toute autonomie est la clé du mieux être, verra son état d’être s’améliorer avec 4/5 séances.

J’insisterai sur l’aspect préventif de cet entraînement en toute autonomie. Ces quelques séances auront permis une certaine compréhension du fait que nous avons une part de responsabilité dans le fait de nous sentir bien dans notre existence. Par contre ces 4/5 séances ne vont pas nous rendre ‘Zen’ à vie.

Comme le dit l’adage : " Chasser le naturel, il revient au galop ". Le mieux être s’entretient régulièrement en s’appropriant la méthode. Et d’étape en étape, nous savourerons ce bien être, pour l’entretenir tout aussi régulièrement. C’est en quelque sorte faire de la place en soi, pour permettre d’y loger et de vivre : l'apaisement, la pondération, la bienveillance, la joie, l’enthousiasme, d’apprécier les choses, les êtres différemment, de décider de ce qui est bon pour soi etc…"

En souhaitant avoir éclairé quelque peu votre lanterne,  je remercie Sahra de m’avoir permis d’avoir mis en lumière cette méthode, menant à découvrir tout l’éventail des possibles en soi, dans le but de mener une existence sereine, pleine de sens, où nos valeurs en seraient le gouvernail. En se l’appropriant, la sophrologie peut devenir rapidement un art de vivre où sérénité et harmonie ont toutes leurs places.

Il n’est pas toujours aisé de trouver les mots justes pour parler de la sophrologie, qui se vit, et s’expérimente, plus qu’elle ne s’explique.

Pour illustrer mes propos, je vous livre quelques citations :

« Rien ne devient réel, tant qu’on ne l’a pas ressenti. » John Keats

« Se connaître, c’est être profondément ancré dans l’Être, au lieu d’être perdu dans le mental.» Auteur inconnu

« Ce que vous aurez appris en écoutant la parole des autres, vous l’oublierez bien vite. Ce que vous aurez appris avec la totalité de votre corps, vous vous en souviendrez toute votre vie. » Funakoshi Gishin

« Avant de s’agrandir au dehors, il faut s’affermir au-dedans. » Victor Hugo

C’est avec beaucoup de gratitude que je remercie Anne Dupuis pour la transmission de son savoir et de ses expériences.

Pour prendre RDV avec Anne Dupuis à Lyon ou en savoir plus sur ses propositions d’accompagnements, voici ses coordonnées :

Tel : 06 74 63 29 31

Adresse mail : annedupuis.soph@yahoo.fr

Site : www.sophrologue-caycedienne-lyon.com

Sahra Leclerc : Rédactrice en chef d'AYURVEDA MAGAZINE

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